24 janvier 2013

Le billet de 500 € va-t-il disparaître ?

Par Stéphanie Delmas le particulier
Le billet de 500 € va-t-il disparaître ?

Accusé de servir les fraudes, le billet de 500 euros pourrait sortir de la circulation, si l’Union européenne parvenait à un consensus.


Un européen sur deux n’en a jamais tenu un entre ses mains, alors même que le billet de 500 € représente le tiers de la valeur totale des coupures en euros.
Quelque 288 milliards d’euros circulent en billets violets dont un quart en Espagne, où il est communément appelé le « Ben Laden », parce que tout le monde le connaît et personne ne le voit jamais. Le cliché n’est pas si usurpé. La grosse coupure de 500 €, parce qu’elle permet de transporter de grosses sommes d’argent en un faible volume, est accusée de favoriser la circulation de l’argent sale.

Des millions circulent dans les valises

« Dans une affaire de stupéfiants, à Lyon, nous avons vu un homme récupérer sous nos yeux, dans un premier temps plus de 500 000 €, puis, dans un second temps, une somme similaire, soit 1 million d’euros en billets de banque, entassés dans un sac à dos qu’il s’apprêtait à remettre à un complice qui partait à l’étranger », explique Bernard Petit, contrôleur général de la lutte contre la criminalité organisée à la police judiciaire. Et le phénomène dit des « valises de billets » s’amplifie depuis début 2012, avec la mise en place de la traçabilité des opérations bancaires internationales, tellement crainte par les organisations criminelles. Ce fait observé est d’autant plus sensible que les sanctions ne sont pas si lourdes qu’on pourrait l’imaginer. L’obligation de déclarer les sommes en liquide est sanctionnée de 0 à 25 % sur le montant transporté ! « Nous avons intercepté des personnes se déplaçant entre les Pays-Bas, la France et l’Espagne, et transportant […] 300 000 € d’espèces imprégnées de cocaïne. On applique une amende de 25 % et on renvoie le reste de l’argent par virement [aux personnes saisies NDLR]« , fait remarquer Philippe Bock, co-secrétaire général du syndicat Solidaires douanes, avant de conclure que « l’exemple est extrême : c’est une hérésie ! »

publicité

La plus grosse coupure au monde

Une procédure compliquée

Alors certains pays traitent le mal par le mal. Au motif que neuf fois sur dix, les billets de 500 servent pour une fraude, les britanniques ont purement prohibé leur utilisation, à l’achat et à la vente. « Je suis surpris que des éléments pris en compte par un État qui n’est pas membre de la zone euro ne soient toujours pas pris en compte par les États membres de cette zone » s’étonne Jean-Baptiste Carpentier, directeur de Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins). Pourtant, en France, ce n’est pas faute d’avoir essayé. A l’instar de ce qu’ont fait les Etats-Unis, qui pour lutter contre la mafia, ont cessé d’imprimer le billet de 500 $, les gouvernements français successifs ont tenté le coup de la suppression du billet de 500 €. L’idée n’est donc pas nouvelle. On pourrait même la qualifier d’Arlésienne. Il ne se passe pas une année sans qu’un ministre, un député ou un sénateur ne remette sur le tapis la question de la disparition du billet violet. Pour la énième fois donc, en France, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, et Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, viennent d’appeler les instances européennes à « réfléchir sur le maintien en circulation du billet de 500 € ». Demander à l’Union européenne de se pencher sur la question est la seule issue. La décision de suppression d’un billet en euro ne relève pas de l’Etat français mais du conseil des gouverneurs des banques centrales européennes et, in fine, nécessite l’accord des Etats membres. Or, les allemands qui ont pour habitude de payer en liquide, risquent d’opposer leur veto. « La disparité dans les pratiques des États membres semble donc peu propice, en l’état actuel des choses, à une décision de suppression », faisait déjà remarquer le ministre de l’Économie français en 2010. Une petite lueur d’espoir point cependant. Le Conseil des gouverneurs, principal organe décisionnel de la BCE (Banque centrale européenne), tient en son sein deux français : Benoît Coeuré, membre du directoire et Christian Noyer, gouverneur de la banque de France, lesquels ne manqueront pas d’appuyer la position française.

Pour lutter contre la mafia, les USA ont cessé d’imprimer le billet de 500 $

En attendant, Mario Dragi, président de la BCE vient d’annoncer le renouvellement de la gamme des billets en euros, sans aucun changement de leurs valeurs. L’introduction des nouvelles coupures se fera progressivement, sur plusieurs années, selon un ordre croissant. Le plus petit d’entre eux, le billet de 5 €  ouvrira le bal et sera mis en circulation dès mai 2013…

participez au sondage
Avez-vous déjà eu un billet de 500 € en portefeuille ?
Non
58%
Oui
42%
Chargement ... Chargement ...

Lire aussi :

» Comment fait-on des euros ?

» Que savez-vous de la Banque de France ?

participer à la discussion
3 commentaires
Poster mon commentaire
3 commentaires
  1. popo

    Oui mais c’est vachement plus pratique pour les enveloppes de MMe Bettencourt !.

    • mine16

      Qu’ est ce que t’ en sais ,à part ressasser ce que les torchons que tu dois lire colportent depuis des mois ? Dans le même sens , ça dû être aussi drôlement pratique pour Cahuzac , pour planter son fric en Suisse ( et dire qu’ il envisageait d’ interdire les billets de 500 € ! )

  2. Mr.Mok

    Mais si cette démarche est mise en place, les billets déjà existants garderont tout de même leur valeur ?
    Ils continueront de circuler, ou sinon on pourra les échanger dans les banques comme avec les francs ?
    Sinon n’importe qui en possédant un acquis de manière légale se verrai perdre cette somme …

Participez à la discussion

On parle de nous, decouvrez leurs avis
publicité